Notre démocratie représentative -que je pense être pourtant le meilleur système de gouvernement quand ses institutions sont bien conçues- vit une crise majeure.
Pourquoi ? Parce que les partis politiques traditionnels, comme les hommes et femmes qui en sont issu.e.s, ne représentent plus les électeurs et électrices, les habitantes et habitants. Au contraire, ils s’en servent. Et c’est en effet violent.

Ils s’en servent pour que leurs intérêts de partis et d’élus soient maintenus. Ils s’en servent en considérant que la démocratie se limite au seul moment du vote et qu’ils ont ensuite pendant 5 ans les pleins pouvoirs.
Et quand à force de trahisons, de promesses non tenues et de violence institutionnelle (le 49.3 par exemple), le peuple français est exaspéré contre ses élites, ces dernières se réfugient derrière la menace de l’extrême droite et en appellent à la responsabilité du peuple trahi. Elles le culpabilisent même (accentuant l’exaspération) : « vous ne pouvez pas, vous ne devez pas, laisser passer l’extrême droite dans notre pays ».

Voilà comment la démocratie est pervertie aujourd’hui et comment le FN est l’ultime rempart, bien utile aux élites politiques et économiques pour préserver leurs places et intérêts.
Cette tactique a fonctionné par exemple aux présidentielles de 2002, et lors de diverses élections locales (les régionales de 2015 encore dernièrement).

Alors que faire à la veille du second tour des élections présidentielles ? Être plus grands que ceux qui nous gouvernent !

Comment ? D’abord en déjouant un autre piège : celui tendu par Marine Le Pen et ses alliés qui comptent sur l’exaspération du peuple pour être élus. Attention : Marine Le Pen ne sera pas douce avec les plus faibles, elle ne sera pas douce avec notre pays, notre culture, nos enfants. Oui l’extrême droite est un danger majeur. Et si la classe politique classique et dite « républicaine » a largement joué avec, le peuple français peut montrer sa grandeur en la rejetant massivement. Et en l’état actuel des choses, et même si cela m’exaspère, je le dis : je mettrais dans l’urne un bulletin Macron. Mon seul objectif ici : empêcher l’extrême droite de passer.

Et ensuite ? N’oublions pas, ne tournons pas la page et continuons le combat.
1- Une première victoire est acquise : les partis traditionnels de gouvernement sont très affaiblis et paient leur cynisme et leurs calculs : les Républicains comme le PS ne sont pas au 2ème tour. Ils ne dominent plus la vie politique, c’est donc le moment de reconstruire la donne.
La défaite de Mme Le Pen entraînera aussi une crise au sein du FN, en réalité profondément divisé, et Mme Le Pen sera confrontée à la Justice grâce à la levée de son immunité parlementaire.
2- Utilisons les Législatives pour faire valoir une autre orientation de gauche, citoyenne, écologiste, humaniste. Utilisons les Législatives pour contraindre M. Macron. Faisons de ces élections nationales du mois de juin le troisième tour des Présidentielles.
3 – Et après ? Investissons la vie associative, le mouvement social et syndical, les mouvements d’Education Populaire, les nouvelles formes économiques.
Chacun, chacune, peut agir, là où il est. C’est le beau chantier qui nous attend : redonnons-nous du pouvoir et alimentons un projet politique commun qui traverse les territoires et les intitiatives citoyennes et nourrisse nos institutions défaillantes et désormais inadaptées.

Bref, ne cédons pas au fatalisme. Au contraire, enchantons-nous !
#3ème_tour #Législatives2017